mercredi 1 mars 2017

Macedoine

J'entre dans ce pays à la fin du mois d'octobre pour quelques jours de vélo, le temps est à la fraîcheur et les conditions de voyage sont parfois compliqués (récit après la carte). Skopje, la capitale est le prétexte à une première pause, je suis invité chez Milos pour deux jours le temps de visiter la ville et de me confronter encore a ce que le voyage m'apporte de mieux : l'imprévu, ici comme souvent pas de place à la stagnation, vision particulière de cette ville où vit près d'un quart de la population du pays, et où des enfants en haillon dorment sur des parterre de marbre. Ma traversé du pays ce fait presque exclusivement sur l'autoroute que je ne quitte que pour demander le gîte, ainsi les accueils vont bon train et je dors souvent chez l'habitant, les macédoniens me surprennent autant que les Serbes même si il faut avouer que pédaler ici est souvent un vrai défi, récompensé toutefois par de splendide paysages et villes, particulièrement Orhid et son lac d'altitude ou je reste deux jours ainsi que le Parc National de Pelister que je visite a petite allure avant d'entamer l'immense descente vers la Gréce, en tout près de 120 kilomètres pour atteindre Edessa, un vrai plaisir après tant de cols. 


 La Carte :


 Un Jour en Macédoine :

Départ matinal vers six heure quinze, alors que le jours ce lève à peine je suis de nouveau invité, cette fois pour le petit déjeuner, tout est généreusement offert par mes hôtes .Je remonte doucement la route en bitume frais qui rejoint la bifurcation pour l'autoroute. Direction Kumanovo, brouillard laiteux pour le premier col de la journée, une longue montée de Sept pourcent qui dure et dure encore, heureusement les conditions de sécurité son plus que favorable, je roule sur la bande d’arrêt d'urgence. Le col est prétexte à une pause, ainsi je m’arrête sur le parking d'un bâtiment à l'abandon, tagué, fenêtres cassées avec ordures et immondices à la pelle, cependant et chose intrigante, dans tout cet amas de pierre en ruine un néon allumé subsiste, seul face aux abysses, ce pourrait-il que... non, non c'est en ruine, en altitude et rempli d'ordures; Café et clémentines, deux minutes passent et ... un homme âgé, dégarni et titubant sort de la ruine, il est huit heure quinze et il lui est impossible de descendre les trois marches pour atteindre le parking. Vision apocalyptique d'un monde qui sombre, le brouillard m'entoure, le vent froid fait gelé la pluie sur ma barbe et ici au milieu de nulle part, sur le parking d'une ruine en haut d'un col en Macédoine arrive ce fantôme titubant, désarticulé comme un pantin et qui ne sait que dire quand il me voit, juste un grognement, ajoutant un peu plus de mysticisme à ce moment. Mon café est froid. Je quitte le fantôme qui disparaît dans le brouillard, certains moments sont si bizarre. Descente du col, paysages intéressants, quelques villages puis arrive la déchetterie ... non la ville, la ville de Kumanovo : "plus la déchetterie qui précède la ville (en longeant la route) est longue, plus la ville est importante" (propos d'un Macédonien croisé à Skopje), une chose est sur, si cela ce vérifie alors Kumanovo est le centre Géo-Stratégique du nouvel ordre mondial, une ville plus importante que New York, Londres ou Tokyo réunis. dix kilomètres de déchets qui forment parfois de jolies petites collines, ici des bouteilles-déchets en plastique, là un matelas-déchet et même ici un bus-déchet en décomposition. C'est avec de l'acharnement que je conclus la difficile remontée des déchets pour une entée royale dans Kumanovo...stoppée au bout de vingt mètres par une tribu de "wild child"(enfants sauvage), ils quémandent non pas pour de la nourriture qu'ils jettent au sol quand je la leur donne mais bien pour un nouvelle dose de colle à cordonnier et les choses étant bien faite cela peut être payé directement en euro chez ce gentils artisan qui à bon cœur ... je passe en état second et me retiens de vomir. Demi-tour, je ressors de Kumanovo et reprends l'autoroute en maudissant tout ce que je peux, il me faut une heure supplémentaire pour atteindre un immense centre commercial vide et en parfait état, le Super-Mega-Super-Market-Géant n'a jamais ouvert, brèves explications avec le gardien qui m'autorise à y passer la nuit après m'avoir offert un thé. 
 
Les Photos :



 Skopje







La Campagne de Macédoine :



 





 La ville d'Orhid et son lac :











 Le Parc National de Pelister :











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