lundi 14 novembre 2016

La Bosnie Herzegovine

C’est a la mi-Juillet que j’entre dans ce pays surprenant pour la première fois. Beaucoup d’accueils chaleureux, de repas offerts, de saluts et de sourires, ici comme dans le pays précèdent je suis le bienvenu et l’on me considère (en général) avec respect. Le changement par rapport a la Serbie ce fait lentement mais sûrement, le pays étant un mélange de populations avec certaine parties a majorité Serbe (la république Serbe de Bosnie), d’autre a majorité Bosniac et enfin quelques villages Croate (regroupées dans la fédération Croato-Bosniac), principale différence entre ces peuple : leurs religions, les Serbes sont orthodoxes, les Bosniac musulmans et les Croates catholique. Pour parler de ce que j’ai vus, en mon seul nom et sans jugements, je dirais que ce qui m’a le plus trouble c’est la méfiance de l’autre sans même le connaître, pour exemple et alors que j’avance vers Sarajevo, des Serbes en voiture ce rapproche de moi, ouvre la fenêtre et me propose de me convoyer a une dizaine de kilomètres afin de passer un village Bosniac, très dangereux selon eux car musulman, je refuse poliment et continu ma route, le village arrive et comme souvent la vie y est détendue, les gens me saluent. Alors qui croire ? Les suppositions d’un racisme ancestral ou les faits qui prouvent que ici comme ailleurs je ne suis pas une cible ? Les histoires de ce genre vont ce multiplier, ici quelqu’un m’invite a un café mais refuse d’entrer dans ce bar car dix ans plus tôt un musulman l’a racheté, la ont me présente un homme digne de confiance car Croate, dans les faits agresseur et violeur, dealer d’heroine mais catholique donc pardonner.
Je passe la frontière près de Bjelina pour une journée haute en couleurs (récit en fin d’article, advisory parental conseillé) et continus ma route vers Doboj ou je suis hébergé dans la famille de Svetlana puis Banja Luka ou je suis invite deux jours chez Miroslav. Soixante dix kilomètres supplémentaire et j’entre en Bosnie centrale via un canyon incroyable, je découvre Jajce, Don vakuf puis après le col de Komar entre dans Travnik, bourgade un peu touristique, capitale de la region et dans laquelle je rencontre Jenis qui m’heberge quelques jours, suffisement pour comprendre que cette ville souffre. Les gens s’ignorent même entre voisins, les regards sont lourds et les jugements sont légions, assis a la terrasse d’un bar sirotant une bière par une belle après midi d’ete, me voila sermonné sur l’alcool que je bois , sans doute pour oublier que je suis perdu car sans croyances. Quelques cols plus tard dans la ville de Kiseljac je suis de nouveau invite a me reposer cette fois dans la famille de Sledjan, arrive ensuite la légendaire Sarajevo que je visite puis direction Visegrad célèbre pour son pont inscrit a l’Unesco. Je repasse en Serbie après trois semaines qui ne m’ont pas laissé indiffèrent.


La Carte :



Les villes :



Banja Luka




Jajce



Sarajevo



Visegrad


Les paysages :





 























Les gens :











Les coups de coeurs :








Un jour en Bosnie


Départ a 8h00 du stade de klenje, direction le café du village ou je dépense mes tout derniers dinars Serbe, je croise quelques membres du club de foot et les saluts. Il me faut six ou sept kilometres pour atteindre le poste frontière de Badovinci, contrôle formel et bienvenu en BOSNIE. La route pour Bjelina est bien plus correct que prévu, les choses ce gâtent sérieusement à l'entrée de la ville, l'asphalte douce de Norvege n'est plus qu'un lointain souvenir, ici chaque mètre que je fais est une lutte, tout est cabossé, troué, bossu ajouter à cela un trafic chaotique et puant ou tout le monde fait selon son humeur, double à contresens, fait une marche arrière au milieu de la route, monte sur le trottoir pour doubler un bus par la droite... en bref, un vrai bordel à la Serbe, rien ne change... Visite de la ville, quelques quartiers chics réunis autour de la place centrale puis retour à la boue et au bordel. La tempête arrive. Je me perds volontairement dans des artères interminables pour y trouver le plus minuscule café et le trouve, trois tables, un frigo' et quelques cendriers. La tenancière (le mot est il bien choisi?) m'invite à m'asseoir et l'histoire recommence, je suis invité pour une puis deux bières par un des clients, je montre mes photos et discute longtemps. Moi qui cherchai juste a prendre un café turc dans un endroit tranquille pour laisser passer l'orage, je ne sortirai finalement d'ici qu'en réponse à une proposition de gîte pour cette nuit. Je quitte la sympathique tenancière (du bar) qui me souhaite bon voyage et me sourit de sa seule dent. Moins de cinq cent mètres et me voila dans un appartement du rez-de-chaussée, l'endroit est lugubre et pus, un mélange effroyable de transpiration, de tabac, d'alcool et d'urine, la télévision dernier cri diffuse un film avec le son coupé ou celui que je crois être l'acteur principal viens d'étrangler sa femme, je suis "invité" à m'asseoir sur ce qui a dut être un fauteuil, le type pousse les vêtements sales et je m'installe, prêt à voir sortir je ne sais quel tueur en série d'un placard. A peine assis je me vois offrir une rasade d'alcool frelaté que je refuse poliment, maintenant l'acteur principal du film (sans son) prends un malin plaisir à tuer ses enfants, chacune des fenêtres de l'appartement est fermées de lourds volets doublées de rideaux hideux. Je prétexte une petite faim pour sortir de ce taudis et une fois dehors hésite fortement à reprendre la route, il fait déjà nuit et la pluie tombe toujours avec fracas. Je marche quelques minutes et trouve sans peine une petite échoppe ou j'achète quelques fruits que je mange sur la route du retour. J'entre dans l'appartement pour y découvrir mon hôte complétement nu, allonge sur le seul lit de l'endroit, nos regards ce croisent, cette fois c'est trop, j'attrape en urgence mes quelques affaires, prends le vélo et pars loin de ce taudis. Je sors de Bjelina en pleine nuit, enfile ma chasuble fluo, allume les lumières et fuis sans me retourner. Quelques kilomètres plus tard, je pose la tente près d'une foret, l'endroit est propre et tranquille, pas de barreaux aux fenêtres, ni de type me regardant d'un oeil complice.

La salle "d'apero" du stade de Klenje/ Frontiere Serbie-Bosnie/ Bjelina/ L'appartement d'un dingue/ les allentours tranquilles d'un foret.

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