samedi 24 mars 2018

Dubai

Une escale particulière

J'arrive à Dubai après douze heures de bateau depuis l'Iran, je passe la douane sans problème, nouveau tampon sur le passeport qui me donne droit à trente jours de visa gratuit dans les émirats. Quelques minutes plus tard, c'est sans trop y croire que je donne mes premiers coups de pédales à dubai dans la puanteur des autoroutes. Contrairement à mon idée, trouver la tour dans laquelle loge mon ami Giorgio (accueil warmshowers.com) va s'avérer plutôt long et compliqué, pas de carte, pas de liaisons internet....j'arrive malgré tout à trouver Business bay et la "tour executive B" , je suis orienté par la sécurité vers la "control zone" ou l'on m'indique qu'il sera impossible d'aller plus loin avec mon vélo car disent-ils : "on ne sait pas ce qu'il y a dedans" , deux minutes plus tard mon hôte arrive et règle la situation en quelques phrases, celui qui paie décide.
Pour décrie l'ambiance générale telle que je la ressent, je dirais que tout cela ressemble à un étrange paradis artificiel de consommateurs aisés qui ce moque bien des conséquences de leurs mode de vie tant qu'ils peuvent continuer à boire des smoothies poires-orange accompagnés de petit gâteaux vegan dans un endroit sain entourés de gens sains. Artificiel. Giorgio me parle de "l'underground" de Dubai ou des dizaines de milliers de Pakistanais, d'Indiens, de Nepalis et de Bengalis ce partage la tache compliquée  de l'expansion physique de la ville qui n'en finit plus de grandir. A chaque nouvelle construction, tout est mis en place pour que le consommateur aisé ne soit jamais confronté à la réalité qu'il consent à créer, ainsi on élève de grand panneaux en cartons, des grillages, des tissus, derrière lesquels ces travailleurs misérables mourrant par quarante degres au soleil ne sont plus un problème, on leur retire jusqu'à leurs image, pour finir les grillages et cartons "protecteurs" serviront encore mieux les intérêts du commun en devenant des espaces publicitaires rentable vendant les mérites d'une société ultra moderne. Artificiel. Mon nouvel ami me parle aussi de la difficulté de vivre ici, l'impersonnalisation de la ville, l'individualisme, les relations sociales sont au point mort et il faut être inventif pour rencontrer des gens (cours de cuisine, de danse...).
Giorgio me traite directement en ami de longue date, son appartement reposant est pour le moins dépaysant et me permet un repos agréable après mes aventures Iranienne, il m'offre tout.  Durant les 3 jours j'organise la suite de mon voyage en Asie, range mon vélo dans un carton et achète le premier billet d'avion du voyage, direction le Nepal, dernier repas dans un bon restaurant avec mon ami puis départ pour l'aéroport, contrôle des baguages, je vois mon vélo et mes sacoches s'éloigner sur le tapis roulant, Une nuit plus tard je suis a Katmandou, l'aventure continue...







vendredi 16 mars 2018

L'Iran



C'est à la fin du mois de septembre que j'entre en République Islamique d'Iran par le poste frontière de Merguy, peu habituer à voir des cyclotouristes, les douaniers s'interrogent sur la meilleure façon de me faire passer la frontière, ce sera finalement avec les piétons, sacoches fouillées et petit interrogatoire, je porte le vélo de l'autre cote de la barrière et entre en Iran pour une première journée d'une centaine de kilomètres de vélo dans les paysages sublimes de la vallée de l'Arax qui longe les frontières de l'Arménie et l'azerbaidjan, la zone est sous tension et les militaires en armes patrouille partout.


Vallée de L'Arax :






Arrivé à Jolfa (poste frontière azeri) je rencontre vite Ismail, entraîneur sportif qui me propose de dormir dans le stade de foot de la ville avant de finalement me payer l'hôtel. Cette chambre spartiate me hante encore, je vais y rester six jours allongé sur mon lit, ne me déplaçant qu'avec l'aide d'Ismail pour aller a l'hôpital, oublier ses préjugés et accepter de ce faire mettre une aiguille dans le bras dans un dispensaire Iranien, une heure de perfusion et du repos. 

photos souvenir avec mon ami Ismail


Je reprends la route et roule vers l'est, les Iraniens m'arretent souvent pour m'inviter a prendre le thé et rencontrer leurs familles.   Une petite pause a Tabriz ou je m'arrête le temps de visiter la ville, et de planifier un départ en bus vers Ispahan ou j'arrive après douze heures de trajet.


Jolfa-Tabriz :




petit dejeuner traditionel ... delicieux


les ruelles de Tabriz
le bazar de tabriz, l'un des plus grand et des plus ancien du Moyen-Orient

le thé toujours le thé....



bar a chicha, Tabriz


Quelques jours a Ispahan

Arrivé dans la ville sainte au petit matin , j'avance doucement vers le centre historique, le traffic est inexistant l'agglomeration immense semble endormi, en attente de quelque chose, premier arret lorsque des hommes habillé tout en noir m'invite a manger avec eux, aujourd'hui m'expliquent ils est le premier jour de fete de l'Imam Hussein, evenement religieux tres important ou tout le monde ce doit d'offrir le repas et le thé. Je passe la journée a visiter la ville, veritable joyaux d'architecture, c'est en cherchant a sortir de la ville que je me vois inviter a dormir dans une caserne de pompiers, tous heureux de renconter un étranger en vélo. Courte nuit, reveil a six heure pour une journee marathon, qui commence par un petit dejeuner collectif avant un depart en cortege vers le centre ville, quelques arrets en cours de route, je rencontre par hasard le chef des pompiers qui ce propose d'etre mon guide, j'accepte et pars avec lui decouvrir la fete de l'interieur car mon nouvel ami connaît tout le monde et il me fait rentrer dans le théatre Islamique, manger dans des cuisines éphémères, rencontrer  les vendeurs de thé... C'est en fin d'après midi que nous nous retrouvons devant l'une des plus grande mosquées d'Ispahan, mon guide hésite, il me confie ne pas être le plus fervent des croyants mais aussi que la beautéé du lieux justifie bien le détour alors : "allons y, mais pas plus de cinq minutes". Le lieux est magnifique et il s'en dégage une ferveur incroyable, première photos pour voir soudainement arrivé l'Imam en chef qui me sert dans ses bras et m'embrasse, quelques mots echangé pour comprendre qu'il fallait juste gagné du temps, les caméras et la presses arrivent pour nous mitrailler de photos et de questions (et je me vois logiquement privé de micro a la moitié de ma réponse a la question : "que pensez vous du système politique en Iran?"), je croise le regard du chef des pompiers qui désespère et s'en veut d'être venu, nous allons rester deux heures. Retour a la caserne juste a temps partir dans une visite nocturne d'Ispahan avec certains de mes nouveaux amis. Le départ de la ville le lendemain est émouvant, je suis invité a partager le repas traditionnel chez Farang et sa femme, ils m'offrent quelques cadeaux et m'invite a revenir 







Invitation par les pompiers qui essayent le vélo :







La Fête de l"Imam Hussein a Ispahan :
















l'équipe des pompiers


Le désert me tend les bras et m'attire vers une Persepolis qui ce mérite, cinq cent kilomètres de sable dans la chaleur, je dois penser chaque étape car les villes sont rares; les invitations sont quant à elles  systématiques et des familles chaleureuses et aimantes m'ouvrent leurs portes. Chaque soir est prétexte à de nouvelles rencontres comme par exemple dans une ville du sud ou un homme n'interpelle en anglais pour m'inviter chez lui, en chemin il me questionne sur ma croyance dans le catholicisme, les miracles et autres manifestations divines, perplexe je répond sans trop y croire. En arrivant chez lui mon nouvel ami m'explique être un laïc anticléricale qui ce doit d'être méfiant tout en étant curieux, il s'est retrouvé ici après s'être fait signifier qu'il était préférable de quitter la capitale pour ne pas finir comme son père et son frère, militant assassinés, il m'explique l'obligation de calculer chaque sortie en publique, chaque déplacement officiel avec ses élèves, chaque parole prononcées durant les cours qu'il donne, une erreur, la dénonciation fera le reste et comme il dit : "Je disparaîtrai probablement dans un accident de voiture".


la famille de Farang, l'un des pompiers d'Ispahan

le plateau Iranien


















J'arrive à Persepolis en fin de journée et ne m'attarde pas sur le site que je visiterai le lendemain, la ville voisine de Mardvast n'inspire pas vraiment la sécurité entre les opiuman allongés dans les parcs et l'omniprésence touristique qui change mon rapport avec les Iraniens. Tournant autour d'un parc sécurisé avec l'espoir de pouvoir y poser ma tente, un père de famille m'interpelle et me propose de venir boire le thé le temps de trouver une meilleure solution pour la nuit car me dit il :"parfois on entend des coups de feu". de fil en aiguille la situation évolue et ce sera finalement un cousin du nom de J...et sa famille qui m'aideront, ils m'accueillent comme un vieil ami parti depuis longtemps, quelques jours ensemble pour continuer à essayer de comprendre leurs vision du monde, ils me font visiter Persepolis m'explique l'histoire du lieux, les palais, les rois puis les guerres, les pillages et plus dernièrement la destruction des visages des rois par les autorités pour ce protéger de  supposés risques de cultes.  C'est avec l'aide J.. et de ses frères que je tente une extension de visa , immédiatement refusée avec un cinglant : "Vous avez six jours pour quitter le pays". Les choses ce précipitent et ce sera de nouveau un bus, J... et sa famille m'aident à organiser le départ vers Bandar Abbas , les adieux sont émouvant, versets du coran et fleurs, a bientôt.

Persepolis :
















J... et sa famille :




Arrivé à Bandar Abbas après dix heures de bus je recharge mon vélo sous une chaleur accablante et pars à l'assaut de la ville, cent metres plus loin mon pneu arrière explose, c'était le dernier cadeaux de mes amis de Persepolis, pensant mes pneu de touring usés ils les ont remplacé sans mot dire. Réparation partielle, nous sommes vendredi (jour sain), tout est fermés, je pousse mon vélo sur lequel je ne peux plus monter jusqu'à ce qu'encore une fois l'aide ce présente d'elle même, Massoud, Mosseuin et Milat me rattrape et me propose immédiatement leur aide que j'accepte volontiers, ils s'occupent de tout, m'invitent dans le restaurant familiale puis chez eux, trois jours reposant avant de quitter l'Iran par bateau en direction de Dubai et avec la promesse de revenir dans ce pays magnifique.


la famille de Massoud, Mossein et Milat
Dîner le trottoir de Bandar abbas, Mossein est pensif.
le vélo bien attache dans le bateau pour Dubai

Merci à toutes celles et à tout ceux qui m'ont accueilli, aidé, parlé et souri, ce sont pour moi, les plus belles formes de résistances.

cyclo
Si nombreux que soient ses méandres, la rivière finit par se jeter dans la mer.
Proverbe iranien ; Proverbes et dictons iraniens (1964)

Dubai

Une escale particulière J'arrive à Dubai après douze heures de bateau depuis l'Iran, je passe la douane sans problème, nouveau...